18.02.2006

Tatiana (addendum)

En lisant le numéro de la revue Autrement sur « les Russes à Paris de 1919 à 1939 », je reviens sur certaines « découvertes » récentes que j’ai fait sur ma famille paternelle. Je n’ai jamais bien compris l’itinéraire de mon grand-père que j’ai à peine connu et dont la jeunesse en Russie reste, pour moi, un mystère. J’accorde aujourd’hui une plus grande attention aux récits que je trouvai jusqu’alors plutôt confus de ma grand-mère. Je réalise, en effet, que le « parcours » de mon grand-père fut celui de milliers de Russes blancs qui ont fui leur pays, à la fin de la guerre civile.

Ma grand-mère m’a ainsi expliqué que son mari s’était retrouvé en Bulgarie où il a travaillé à la construction de voies ferrées. Puis, un ami l’a convaincu de l’accompagner en France où ils ont travaillé ensemble dans les hauts fourneaux de Coulanges. A la fin de son contrat, mon grand-père s’est rendu à Paris où il a exercé différents métiers avec un passage, presque obligé à l’époque, aux usines Renault de Boulogne-Billancourt.

 

« En Turquie, les Russes étaient devenus indésirables depuis l’arrivée au pouvoir de Mustafa Kemal (en 1923). A la suite de l’intervention du général Wrangel, 25.000 officiers et soldats avaient trouvé refuge en Yougoslavie où ils travaillaient à la construction des chemins de fer ou des routes (…) Le « trajet direct » du premier pays de transit aux usines Renault ne concerne cependant qu’une faible minorité de Russes : la plupart échouent place Nationale au terme d’un passage par des entreprises industrielles de la province française ou de la région parisienne. Pour beaucoup, « les contrats d’embauche dans la métallurgie lorraine servent de tremplin pour une nouvelle destination, le plus souvent dans la région parisienne. »

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