20.02.2006
Les souks de Bagdad
Un coup de fil de Graith et tout remonte à la mémoire comme si nous nous étions quittés hier. Je cherche les photos que nous avions faites ensemble, mélange les ouvrages que nous étions parvenus à trouver, enchantés de nos découvertes qui nous semblaient des trésors. Impossible, par exemple, de retrouver les références du bouquin dont ces photos sont tirées… Bah, je finirai bien par mettre la main dessus. En attendant, je repense aux souks où nous nous promenions de longues heures…
« Th
e Souks or covered Bazaars of Baghdad are famous, and rightly so. They seem more extensive and spacious than those of Damascus or Istanbul. The adjacent Street of the Coppersmiths is perhaps even more impressive. There, after walking down a few steps from street level, you can see craftsmen actually at work, and arrays of their gleaming products, like the big brass trays on which the visitor to Arab tents finds a mound of rice and mutton awaiting his fingers. And the clangour and the cool but dusty dimness give the place an unforgettable quality.”
From an antique land – Ancient and Modern in the Middle East, Julian Huxley, Max Parrish, London, 1954.
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Non loin du Chatt-el-arab
Chaudes après-midis harassantes de Bassora … Lourde torpeur.
Où trouver un peu de fraîcheur et fuir la poussière si ce n’est sur les rives du fleuve ? Bassora est un port et le célèbre Chatt el-Arab n’est pas loin. A quelques kilomètres de là se trouvent Abou Khasi et la ferme d’Adel. Ou ce qu’il en reste. Lieu idéal, malgré tout, pour pique-niquer et se baigner. Une aubaine.
D’anciennes riches demeures avoisinent la ferme. En ruines, comme oubliées par le temps. Les traces de la guerre restent pourtant bien visibles. Des ouvertures béantes dans la toiture, témoins de bombardements ravageurs.
Au milieu du fleuve, des navires à moitié immergés, couchés dans l’eau, comme d’énormes baleines endormies.
Le temps semble s’être arrêté. Le temps, pas la température. La vigueur des rayons du soleil vient nous rappeler que ce paysage insolite est bien réel. Une réalité dont le sens profond, cependant, nous échappe.
Paris, 14 juin 2002.
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18.02.2006
Tatiana (addendum)
En lisant le numéro de la revue Autrement sur « les Russes à Paris de 1919 à 1939 », je reviens sur certaines « découvertes » récentes que j’ai fait sur ma famille paternelle. Je n’ai jamais bien compris l’itinéraire de mon grand-père que j’ai à peine connu et dont la jeunesse en Russie reste, pour moi, un mystère. J’accorde aujourd’hui une plus grande attention aux récits que je trouvai jusqu’alors plutôt confus de ma grand-mère. Je réalise, en effet, que le « parcours » de mon grand-père fut celui de milliers de Russes blancs qui ont fui leur pays, à la fin de la guerre civile.
Ma grand-mère m’a ainsi expliqué que son mari s’était retrouvé en Bulgarie où il a travaillé à la construction de voies ferrées. Puis, un ami l’a convaincu de l’accompagner en France où ils ont travaillé ensemble dans les hauts fourneaux de Coulanges. A la fin de son contrat, mon grand-père s’est rendu à Paris où il a exercé différents métiers avec un passage, presque obligé à l’époque, aux usines Renault de Boulogne-Billancourt.
« En Turquie, les Russes étaient devenus indésirables depuis l’arrivée au pouvoir de Mustafa Kemal (en 1923). A la suite de l’intervention du général Wrangel, 25.000 officiers et soldats avaient trouvé refuge en Yougoslavie où ils travaillaient à la construction des chemins de fer ou des routes (…) Le « trajet direct » du premier pays de transit aux usines Renault ne concerne cependant qu’une faible minorité de Russes : la plupart échouent place Nationale au terme d’un passage par des entreprises industrielles de la province française ou de la région parisienne. Pour beaucoup, « les contrats d’embauche dans la métallurgie lorraine servent de tremplin pour une nouvelle destination, le plus souvent dans la région parisienne. »
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16.02.2006
Correspondances
Anna Marly, compositrice de la musique du Chant des partisans est décédée hier. Trois jours auparavant, le Monde rapportait la bataille juridique qui semble s’être engagée au sujet de la propriété de la basilique Saint Nicolas de Nice.
Depuis une semaine, je découvre la vie des émigrés russes en France, après la Révolution de 1917, grâce à la plume de Nina Berberova (C’est moi qui souligne). Et cet hommage, dans le numéro 110 de la revue Autrement d’octobre 1998 :
Quitter la France, c’est quitter le paradis : l’écrivain Vassili Ianovski, exilé en Amérique en 1940, se souvient que toute sa génération a vécu dans l’angoisse de perdre ce Paris où elle connaissait la misère et les privations mais où « le pain blanc français et le petit vin rouge étaient les mêmes pour tous et où la conception romaine de la nationalité comme bien juridique, sans distinction de race ou de religion, nous fut une véritable révélation ».
Il me faudrait mettre la main sur la Nuit des Princes de J. Kessel.
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05.02.2006
Jambo
Le temps est sinistre, triste dimanche.
N’ai pas envie d’évoquer la visite du musée juif de Bucarest. Ni le témoignage du progrom de Iasi par Isac Chiva (Les Temps modernes, 2003, n°623), ni la lecture de la Vingt-cinquième heure de Virgil Gheorghiu. Ni la polémique sur les caricatures de Mahomet qui fait rage, c'est désolant.
Repense au Kenya, ses paysages magnifiques, sa misère. Les photos sont décevantes mais ce n’est pas grave, je les télécharge quand même. Un peu de soleil vient ainsi percer l'épaisse grisaille ambiante …
Mince, même pas le temps de terminer l'album...
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