08.10.2005

Chez Kodak

En allant chercher des photos que j'avais laissées à développer, j'ai dû présenter une pièce d'identité au moment du paiement alors même que je réglai en espèces. Toutes les indications qui figuraient sur mon "ID" ont été recopiées sur un cahier de classe à petits carreaux où j'ai dû apposer ma signature. Tout cela pour pouvoir récupérer quelques malheureuses photos ...

Comme quoi, le capitalisme à l'Est ne signifie pas la disparition définitive de la bureaucratie, ni n'implique automatiquement le respect des libertés élémentaires du consommateur !

11.09.2005

Les séquestrés d'A....

Des animaux polaires resserrés sur un bloc de glace arraché par le courant et entraîné au large : pleins de la peur obscure de périr, le loup et l’ours et le renard polaire se tiennent côte à côte et ne se mordent que par désespoir, quand ils se sentent poussés à l’eau par les autres.

Rendez-vous au Jugement dernier – Petru Dumitriu

 

Explique-toi !  
Dis-nous ce que nous mourrons d’entendre,
Bon Dieu, nous en crevons d’envie !
Ce silence est inutile, nous sommes fins prêts.

Parle donc !
Exprime toi, nous boirons avec délice la moindre sonorité émanant de ta bouche,
Nous macèrerons soigneusement chacun de tes propos,
Ne sois pas avare de paroles, alimente-nous !

Tout sera retenu contre toi, tu n’es pas persécutée !
Nous salivons de te perdre, ne le prends pas mal !
Nos intentions sont les meilleures, ta défiance nous offense ….

Les homards se sentent menacés,
Ils sont tétanisés par la haine, assoiffés de peur,
Leurs pinces menaçantes et mesquines claquent avidement dans l’air,
Il leur faut une tête pour espérer sauver la leur.

De quoi les homards ont-ils peur ?
De l’autre, de leur ombre, de tout, de rien.
Les mauvaises habitudes sont coriaces, elles ont la vie dure,
Des réflexes d’un autre âge, profondément incrustés, perdurent.

Au tribunal des homards, la petitesse est juge et la médiocrité procureur.
Cette cour majestueusement laide s’enivre de sa bêtise,
Elle célèbre sa propre arrogance et danse follement jusqu’à l’aube,
Pas un instant, elle ne songe aux temps nouveaux qui l’aboliront.